Crèche ou pas crèche? Comment faire votre choix?

Nous avons pu évoquer dans un précédent article la culpabilité que pouvaient ressentir les parents face aux émotions compliquées survenues durant le confinement.

 

A l’annonce du déconfinement, le gouvernement a laissé le choix aux parents de remettre ou non leurs enfants à l’école: ce n’est pas l’école qui est obligatoire mais l’instruction. Quid des parents d’enfants fréquentant les crèches ?

 

Remettre ou non son enfant en crèche: faire son choix sans culpabilité

La crèche n’est en rien obligatoire, la collectivité non plus. Pourtant, beaucoup d’entre nous avons souffert de ce manque de contact, d’interactions et de rencontres, imposé par cette période épidémique. Certains enfants y ont trouvé un avantage tout particulier, surtout pour ceux dont les parents ont pu être disponibles «grâce» au chômage partiel. D’autres parents ont, à l’inverse, dû maintenir leur activité en télétravail et nous savons à quel point la gestion du quotidien a été éprouvante.

 

Indécision, culpabilité, voire de refus catégorique à reconduire leurs enfants en crèche: lorsque la santé de nos enfants est en jeu, il est tout à fait légitime de prendre les précautions qui s’imposent. Il n’est en aucun cas question de juger cette décision, chacun doit agir avec ses propres convictions.

 

Pour les parents oscillants entre leur besoin ou désir de reprendre leur travail, leur sentiment de culpabilité à confier à la crèche leur enfant après cette longue période si singulière, rassurez-vous rien n’est idéal ! Ce qui est important, c’est que tout le monde retrouve son équilibre. Et l’équilibre de votre enfant passe par le vôtre, indéniablement.

 

Les interactions: un besoin fondamental

Tout comme les adultes, les enfants ont besoin d’interactions sociales. Êtres sociaux par nature, notre besoin d’interactions est nécessaire à notre bien être psychologique.

 

Dans le cerveau d’un tout jeune enfant, le câblage neuronal se développe et se densifie par l’expérimentation, la manipulation, la répétition, la rencontre avec l’autre et son imitation. L’intelligence émotionnelle est alors stimulée.

 
La socialisation et la multiplicité des échanges lancent des défis à notre cerveau, le maintiennent actif pour les plus âgés, le développe pour les plus jeunes. L’intelligence émotionnelle, c’est celle-là même qui renforce l’empathie, la compréhension de l’autre mais aussi et surtout la connaissance de soi-même, de ses émotions, essentielle à l’identification de ses propres besoins afin d’effectuer les choix qui jalonnent toute une vie.
 

Le retour à la crèche: des repères vite retrouvés

Alors que parents et professionnels de terrain craignaient un difficile retour des enfants à la crèche, la surprise a été plutôt bonne. Le plaisir des retrouvailles a très vite pris le dessus sur la crainte initiale ! Les enfants se sont très vite habitués aux visages déjà connus, mais masqués des professionnels et les enfants se sont très vite réapproprié l’espace dans lequel ils ont eu leurs habitudes et s’y sont très vite sentis à nouveau bien. Alors, comment ça se fait ?
 
A l’âge de la crèche, les enfants sont dans un stade «sensori-moteur»: l’apprentissage et les découvertes se font par les sens et la motricité, la mémoire sensorielle est hyper sensible. C’est précisément cela qui leur a permis de retrouver leurs repères. Malgré l’aménagement de nouveaux espaces nécessaires à l’accueil sécurisé des enfants dans la plupart EAJE, les odeurs, l’espace (leur espace) sont restés familiers, et de solides points de repères identifiés et rassurants.
 

Crèche et port du masque: comment cela s’organise ?

Les professionnels, figures d’attachement essentielles à leur sécurité affective, ont minutieusement préparé le retour des petits hôtes: tant d’un point de vue sanitaire (protocoles sanitaires drastiques) que d’un point de vue psychologique.
 
La communication non verbale est primordiale pour les jeunes enfants dans la compréhension de l’autre, de ses intentions, de ses émotions. Dans notre culture occidentale, nous utilisons beaucoup plus les muscles du bas du visage pour exprimer et décoder nos émotions. Mais, en sollicitant davantage les muscles du haut du visage, nous pouvons aussi être très expressifs.
 
Avec le port du masque, les talents des professionnelles de la petite enfance vont se révéler pour inventer un nouveau langage non verbal: exagération des mouvements des mains, sollicitation marquée des muscles du haut du visage, amplification de la sphère paraverbale (rythme de la voix, son ton, ses intonations…).
 
Alors, rappelons-le s’il est nécessaire, le bien-être de tous passe par l’équilibre que chacun saura trouver entre ses besoins individuels et collectifs, familiaux et professionnels. Mais si une chose est certaine, c’est que nos enfants sont pourvus d’extraordinaires capacités d’adaptation parfois insoupçonnées: faisons leur confiance !