La parentalité est une chance

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Crèche attitude a décidé de se positionner et d’aller plus loin concernant la parentalité en affirmant qu’elle est une vraie chance.

 

Convaincu qu’elle représente une opportunité considérable sur les plans personnels et professionnels, lorsqu’elle est vécue dans des conditions optimales, Marc Jouannic le directeur général de Crèche Attitude à publié le manifeste “La parentalité est une chance”.

 

Nous œuvrons à la construction d’une communauté éducative pour l’enfance pensée sur le long terme, dans une continuité d’accueil alliant la petite enfance et l’enfance.

 

Manifeste

La parentalité est une chance

Avis d’expert

Pierre MOISSET – sociologue consultant

QU’EST CE QU’ETRE PARENT AUJOURD’HUI ?

« Être parent, c’est être ignorant »

Être parent ce n’est pas connaître son enfant ni savoir d’instinct comment faire avec lui. D’une part, les conceptions du jeune enfant ont grandement changé entre le moment où nous étions nous-mêmes enfants et le moment où nous devenons parents. Aussi, nous ne savons pas comment faire face à un enfant que les avancées scientifiques nous font voir tout à fait autrement. D’autre part, l’enfant tout désiré qu’il soit est un inconnu qu’il faut « pratiquer », fréquenter avant de pouvoir dire qu’on le connaît. Et encore, on ne le connaît que dans le rapport singulier que l’on a avec lui, cela ne dit pas comment il se comportera ailleurs, notamment en crèche… Mais être ignorant n’est pas une marque de faiblesse du moment qu’elle amène sur une réflexion.

« Être parent, c’est être dans l’inconfort »

La position de parent est inconfortable, structurellement. En effet, on ne sait pas toujours faire alors qu’on est sensé être le premier éducateur. On ne comprend pas toujours les réactions de l’enfant. On a souvent des difficultés à doser cadre et écoute. On est bousculé par les professionnels qui agissent auprès de notre enfant, que ce soit à la crèche, et, surtout, plus tard à l’école. Nous serons, parents, mis en position de « devoir savoir », de parler à l’enfant, de rendre compte de son comportement… alors que ce comportement nous échappe totalement parce qu’il se déroule sur d’autres scènes. Là encore, l’inconfort n’est pas la marque d’une carence mais le signe qu’avant de reprendre pied… on est en déséquilibre. Là-dessus, si les professionnels de l’enfance (petite enfance comme école) savaient mieux transmettre ce qu’ils vivent avec les enfants et comment cela les interroge, ils mettraient les parents dans une position moins inconfortable…

« Être parent, c’est être médiateur »

Comment transmettre alors que nos enfants vivent un monde (avec tout ce qu’ils ont déjà à disposition que nous n’avons jamais eu en tant qu’enfant) et vont vivre un monde qui nous est inconnu ? La transmission n’a pas disparue du rôle parental. Elle a pris une autre place, plus discrète. Mais comment avoir de la légitimité en tant que parent sans transmission ? Par la médiation. C’est à dire en étant à l’écoute des enjeux (d’image, d’estime de soi, de relations) que nos enfants vivent (notamment sur les réseaux sociaux). Être à l’écoute d’expériences que nous n’avons pas eu non pas pour juger mais pour comprendre (et ça, ça fait déjà du bien aux enfants). Mais aussi parce que les enfants ont besoin d’un point de vue extérieur à leur monde infantile et juvénile pour mieux se positionner dans ce monde. En cela, nous ne faisons que prolonger ce rôle de « médiateur » entre le tout jeune enfant, ses propres émotions et le monde extérieur que nous avons eu dans leurs premières années.