L’attachement kesako ?

L’enfant est un être dépendant, de par son immaturité cérébrale : il ne peut se nourrir seul, subvenir à ses besoins…ni gérer ses émotions seul.

A la naissance, le cerveau d’un enfant n’est pas mature. Il lui faudra de nombreuses années pour faire maturer son cerveau et en attendant ce moment, il va subir de véritables tempêtes émotionnelles.

La théorie de l’attachement élaborée par John Bowlby établit que l’un des besoins fondamentaux du jeune enfant du fait de sa vulnérabilité psychique et physique réside en sa nécessité de trouver sécurité et protection auprès d’un adulte.

C’est dans la sécurité de la relation avec les personnes qui lui prodiguent les soins au quotidien qu’un enfant acquiert un sentiment de soi lui permettant d’exercer ses capacités, d’aller à la découverte du monde et d’échanger avec les autres sans a priori négatifs.

L’attachement se définit comme un lien particulier, sélectif que l’enfant établit au départ de sa vie avec un adulte et dont le but pour lui est de maintenir une proximité avec cet être de référence qui génère le sentiment de sécurité.
Toute personne qui sait répondre de façon appropriée aux signaux de l’enfant, qui prend soin de lui de façon continue et qui est accessible lorsque l’enfant se sent inquiet peut constituer une figure d’attachement.

En effet, l’enfant est incapable de réguler seul ses émotions. Ses cris et ses pleurs signalent son mal-être et sollicitent l’attention de ses proches pour le réconforter. Afin de s’épanouir, l’enfant a besoin d’établir avec eux une relation chaleureuse, constante, prévisible. En répondant à ses attentes et en s’occupant régulièrement de lui, son entourage se transforme en figures d’attachement.

John Bowlby (1907-1990) est un psychiatre et psychanalyste anglais. Il s’est intéressé particulièrement aux effets pathologiques de la séparation précoce mère/enfant. Ses recherches le conduisent à souligner avec d’autres auteurs, l’importance du lien affectif précoce mère/enfant dans le développement de l’être humain

En général la première et principale figure d’attachement d’un enfant est sa mère. Mais quand elle n’est pas là, d’autres figures d’attachement dites de substitution prennent le relais.

Le système d’attachement est donc  un système d’alerte et de recherche de sécurité qui va être activé par la tension subie par l’enfant lorsqu’il aura besoin d’un soutien émotionnel fort.

L’enfant s’éloigne de sa mère pour explorer et revient vers elle, de temps en temps, ou en cas de stress. Lorsqu’il est en sécurité, le bébé se sert de sa mère comme d’une « base de sécurité » : il s’en éloigne pour explorer le monde.

Bowlby insistait sur le message suivant : l’attachement, bien loin d’interférer avec l’exploration, la stimule mais protège l’enfant des dangers de l’exploration.

 L’attachement ne rend pas dépendant !

Parfois, les adultes ont une tendance à interpréter les signaux envoyés par l’enfant comme de la colère, ou les pleurs non pas comme des demandes d’apaisement et de rétablissement de proximité avec la figure d’attachement mais comme des signes de mauvais caractère.

La théorie de l’attachement induit une décentration de ses propres représentations.

Sortir de ses propres points de vue ou représentations n’est pas une chose aisée.

Les récentes recherches scientifiques nous apportent un éclairage pour mieux connaître et comprendre le développement de l’enfant.

Cela permet de sortir des points de vue et de s’appuyer sur des connaissances factuelles.

Actualiser nos connaissances est notre responsabilité à tous parents, professionnels de l’enfance. Mieux comprendre et mieux connaître son fonctionnement nous permet de mieux nous adapter à ses capacités.