Les limites, règles et interdits

Il est parfois difficile pour un parent de poser des limites, ou des interdits. L’impression d’entrer en conflit avec son enfant, dès lors, qu’un cadre est posé, est désagréable, et parfois culpabilisateur. Il est pourtant important d’aider son enfant à comprendre les demandes, car la société dans laquelle il vit est régie par des lois auxquelles nous nous soumettons tous.

 

La mise en place d’un cadre, a pour objectif, sur le long terme, d’aider l’enfant à se construire à être bien avec lui-même et les autres, capable d’accepter les frustrations, à maîtriser ses pulsions et à s’adapter aux différentes situations. Transmettre les règles et les limites d’un savoir vivre ensemble participe de la construction de l’enfant.

 

Le cadre et les limites, tant physique et concrètes que psychologiques et intellectuelles, permettent à chacun d’évoluer, de se développer sereinement.

 

A noter :

 

Le cadre et les limites existent afin de protéger l’enfant de lui-même, et des autres. Ils sont évolutifs, et fonction de l’âge et des besoins (rythme de sommeil, alimentaires…). Les limites se hiérarchisent car on ne peut imposer les mêmes limites à des enfants d’âges différents.

 

L’interdit est non négociable. Il a un aspect beaucoup plus fort que la règle et contraignant. Il doit avoir du sens, être partagé par les autres adultes (membres de la famille par exemple) et respecter par tous (adultes compris).

 

Poser un interdit doit se faire sans peur de culpabiliser, ou encore de perdre l’amour de son enfant.

 

  • Les premiers interdits sont d’abord ceux qui concernent la sécurité
  • Les deuxièmes interdits sont le respect de la vie en société
  • Les troisièmes sont le savoir être qui a rapport avec les valeurs qui sont donc variables selon les individus

 

L‘interdit est souvent lié à la notion de temps : interdit quand, combien de temps. Cette notion de temporalité est à retenir : l’enfant ne mémorise pas les interdits dans le temps ou ne les mémorise que dans l‘instant.

 

  • Il est alors indispensable d’offrir à l’enfant des outils pour acquérir et comprendre les notions de temps (les activités de jeu d’eau où l’eau s’écoule d’un point A vers un point B en un certain temps, la boule de neige …)
  • La répétition des règles est indispensable

 

Comment être entendu, compris et respecté

 

  • L’expression du visage soutienne de manière cohérente le message (par ex : sourcils froncé regard ferme )
  • Les mots sont connus, les ordres simples. Privilégiez des consignes simples, comme, arrête, stop…
  • Privilégiez le « stop » plutôt que le « non ». Le stop vient stopper un comportement inadapté tandis que le non à tendance à instaurer un rapport de force
  • Adressez-vous individuellement à l’enfant. Placez votre visage à la hauteur du sien
  • Soyez ferme mais non agressif.
  • Formulez une consigne à la fois. Le jeune enfant n’est pas en mesure de stocker dans sa tête plusieurs informations simultanément, de les prioriser.
  • Intervenez physiquement, mais avec douceur. L’enfant est dans l’agir, le concret et le physique, plus que dans le mental.
  • Adaptez l’environnement en fonction du développement de votre enfant, afin de lui permettre d’explorer, de bouger sans que vous ayez besoin d’intervenir. (Ex mettre barrière en haut et en bas des escaliers.)
  • Fixer les limites avec votre conjoint. Une stabilité des interdits est indispensable

 

A noter

 

Trop de « non » finira par ne plus donner de sens au « non » ; Il vaut mieux l’utiliser avec parcimonie pour éviter les rapports de force. Nos équipes, éducatrices de jeunes enfants, psychologues sont présentes pour vous accompagner, et vous aider à fixer les interdits. 

 

Neurosciences :

 

La maturation du lobe frontal du cerveau est tardive. Hors c’est bien le lobe frontal qui sert à planifier, contrôler. Il en résulte que :

 

  • L’enfant ne sait pas comment contrôler une émotion
  • L’enfant ne peut pas se contrôler, il ne peut pas inhiber une action

 

C’est pourquoi l’adulte doit aider l’enfant qui n’a pas acquis l’inhibition : L’enfant qui vit mal l’interdit peut manifester sa colère, et sa frustration. Il est important de ne pas le punir ou de l’isoler dans sa chambre, mais bien de lui expliquer le sens de l’interdit et de l’accompagner, de poser des mots sur ses émotions qui l’envahissent et qu’il ne peut contrôler.

 

Bibliographie enfants :

 

Les interdits ça suffit. M. Farkas. Ed album Jeunesse

Bétise et limite. Mes p’titspourquoi. Elaboré avec des pédiatres. Ed Milan.

Boucle d’or et les 3 ours. G. Muller ? Ed école des Loisirs

La reine panpancucul. A. Sanders. Ed Gallimard Jeunesse

A la maison il y a des règles. L. Salaun. Ed Seuil Jeunesse